Un peu de cinéma français

Trois films français récemment sortis dans les salles composent un petit échantillon de genres produits dans l’hexagone : le pur film d’auteur avec Camille Claudel 1915, la comédie d’auteur grand public avec Au bout du conte, et le thriller à gros budget avec Möbius. Petite revue de détail.

 

A l’américaine – Möbius, d’Eric Rochant

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Un casting bankable, des gros moyens, un scénario complexe et international : le film d’Eric Rochant lorgne sur le savoir-faire américain en matière de thriller, genre un peu ignoré chez nous – entre Besson, trop kitsch, et Frédéric Schoendoerffer, trop français, il y a peu d’œuvres réussissant à allier le spectacle et la qualité. Celui-ci, sans être parfait, s’en sort plutôt bien, aidé par une intrigue assez alambiquée tout en restant compréhensible, et un casting intéressant : sans faire d’étincelles, le couple Jean Dujardin / Cécile de France fonctionne plutôt bien ; et Tim Roth est un excellent second rôle. Imparfait mais pas catastrophique, le film n’a pas convaincu tout le monde (« un thriller en toc » selon les Inrocks), son plus grand défaut étant sans doute tout simplement de ne pas être américain.

 

Bien de chez nous – Au bout du conte, d’Agnès Jaoui

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C’est l’archétype du cinéma d’auteur populaire français : le couple Jaoui/Bacri signe le scénario d’un film choral doux amer, dans lequel des questions existentielles (comment aimer, comment se séparer, comment se rapprocher…) sont traitées avec beaucoup d’humour, les personnages entourés de bienveillance. La recette peut parfois virer à l’insipide (chez Danièle Thompson par exemple) ou inspirer la sympathie (Emmanuel Mouret). Au bout du conte fait plutôt partie du haut du panier, parfois un peu didactique, mais souvent drôle. Feignant d’ignorer les limites du dispositif (éparpillement entre les personnages, thèmes un peu survolés), le duo d’auteurs tombe parfois un peu dans la facilité mais n’oublie pas de se faire plaisir, ce qui est plutôt plaisant.

 

Le film à festival – Camille Claudel 1915, de Bruno Dumont

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Dans Camille Claudel 1915, de vrais fous entourent Juliette Binoche, alias Camille Claudel enfermée dans un asile. Les dialogues sont extraits de correspondances écrites entre Camille et son frère. Le cinéaste semble adhérer totalement à cette croyance selon laquelle ce qui est vrai est forcément réaliste. Mais il n’y a ni cohérence ni spontanéité dans ces tableaux figés, pourtant à la recherche de mystères sur la foi et l’art. Juliette Binoche est dans la performance plutôt que dans l’interprétation – prisonnière, il est vrai, d’un texte qui n’était pas un dialogue. Quand à la réalisation, elle est extrêmement travaillée mais très maladroite ; c’est le problème général du film, tellement réfléchi qu’il semble en manquer d’inspiration. Trop d’auteur tue le film ?

 

Au bilan de ce test comparatif, on pourra constater que les plus sérieux ne sont pas forcément les plus recommandables. A la question de savoir si les moins sérieux sont les plus recommandables, on ne répondra pas, n’ayant pas vu Boule & Bill. Mais on a quand même une petite idée.

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