Blue Jasmine, triste monde

Blue Jasmine, de Woody Allen_

Qu’arrive-t-il à Woody Allen, jadis si léger, si poétique ? Impitoyable avec son héroïne, coupable d’avoir mené la belle vie sans remettre en question son existence quand son mari s’enrichissait à la Madoff tout en la trompant allègrement ; et une fois sur la paille, de ne pas savoir sortir du culte de l’apparence, et de s’enfoncer dans le mensonge quand une chance lui est offerte de s’en sortir. Coupable d’entraîner sa sœur dans une envie de vie meilleure – c’est-à-dire pas entourée de losers de prolétaires. Coupable enfin d’avoir trahi cet escroc de mari et d’avoir provoqué sa chute par vengeance, étant alors marquée du sceau de l’infamie. Aucune branche à laquelle se rattacher ; Jasmine finit seule et sans espoir, et on plaindrait presque sa sœur qui décide que son bonheur sera avec un gars musclé sans finesse, alors qu’elle aurait préféré « s’en sortir ».

Le film est-il plus misogyne que misanthrope ? Méprise-t-il plus la culture populaire sans fond ou la bourgeoisie refermée sur elle-même ? Le monde de Woody Allen semble désormais bien terrifiant, le choix des personnages se résumant à être riches mais alors prisonniers du mensonge, ou pauvres mais condamnés à partager leur vie avec des imbéciles incultes. Etrange, étrange film que ce Blue Jasmine.

blue-jasmine-trailer

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