Olive et Tom font la course

Rush, de Ron Howard_

Rush est le récit d’une histoire vraie, la lutte pour le titre de champion de F1 que se sont disputés Niki Lauda et James Hunt dans les années 70. Opposition de styles (le British décomplexé et fêtard contre l’Autrichien discipliné et méthodique), duels d’anthologies, accident dramatique, victoire finale sur le fil… Cette histoire avait tout pour faire un bon film. Mais attention : si la trame narrative est réelle, son adaptation par Ron Howard est une aventure complètement cosmique, digne de Olive et Tom.

RUSH - Daniel Brühl

Il n’est pas nécessaire d’apprécier la Formule 1 pour être entraîné dans cette mécanique. Ce que raconte Ron Howard, c’est deux success story fulgurantes, deux génies de la course automobile que tout oppose si ce n’est leur talent – ou dont l’opposition trouve son paroxysme dans le défi qu’ils se sont lancés l’un à l’autre. Et pour ce faire, il ne lésine sur aucun moyen, au point de rendre tout à fait anecdotique l’accroche « basé sur une histoire vraie ». Son univers est celui du conte, où tout ce qui se passe semble irréel ; en ce sens, il se range dans une tradition du cinéma hollywoodien jadis chère à Raoul Walsh : ne jamais laisser la réalité gâcher une bonne histoire. Alors tout, la rivalité des deux coureurs, leurs rencontres avec leurs femmes respectives, l’accident de Lauda, et son abandon lors de la dernière course… Tout est habillé par un voile d’ultra-divertissement.

RUSH - Chris HemsworthEt cette tendance culmine dans la représentation de la F1, fantastique délire qui dilue le temps pour coller aux impératifs narratifs. Les arrêts aux stands ont l’air de pauses café, nécessaires pour bien expliquer les enjeux du suspens aux néophytes ; et surtout, la course est décrite en direct par un speaker quasi-omniscient qui nous fait vivre au ralenti les évolutions du classement mais aussi les états d’âmes des deux concurrents. C’est là qu’Olive et Tom nous revient pleinement à l’esprit, quand ces enfants de 8 ans jouaient devant 10 000 personnes et remontaient leur terrain en plusieurs minutes, sous les inénarrables enflammades d’un commentateur. Là, le dribble est un virage, le but une victoire de course ; et tout se passe au rythme de cette voix invisible.

Oublié son alibi réaliste, Rush s’inscrit dans la droite lignée de Driven et Speed Racer, deux représentations hyper fantasques de la course automobile. Dommage qu’il n’ait pas l’absence totale de complexes du premier (qui confine à l’absurde), et le cadre fantastique du second : en croyant qu’il valait mieux garder un air sérieux, il nous prive d’un total plaisir d’enfant. Quand il faudra en revoir un, ce n’est pas lui qu’on choisira.

rush-movie-2

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